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Comment classer ses photos ?

Aux temps (pas si) anciens de la photo argentique, la question ne se posait presque pas. On déposait sa pellicule chez un photographe et on venait chercher les travaux sur papier quelques jours plus tard. On achetait un bel album pour y mettre les plus beaux clichés (ou, du moins, ceux que l'on voulait garder absolument, puisqu'ils étaient payés !), par ordre chronologique. On laissait les autres, avec les négatifs, dans la pochette que l'on rangeait soigneusement dans un tiroir.

Mais, avec les photos numériques ?

Autant, vu le coût final des photos argentiques, on hésitait à "mitrailler", autant, avec nos appareils photos numériques (APN), la seule limite est la capacité de la carte.

Le problème se pose sitôt rentré à la maison au retour des vacances à Marrakech, Venise ou New York.

Que faire des milliers de photos ramenées ?

Quelle est la méthode idéale de classement et sur quel support les archiver?

Réponse : il n'y a pas UNE méthode, mais DES méthodes.

Chacun de nous a SA méthode idéale !

Résumons :

1 – renommer : la première des opérations à faire après le transfert sur l'ordinateur est de les renommer. D'une manière générale, toujours nommer ses fichiers (quels qu'ils soient) avec des noms clairs dont on se souviendra longtemps après.

Dans 3 mois qui se saura ce que signifie "A125896" ou "DSC1108", alors que "Mousterlein (10)" ou "Rome (25)" sera plus explicite.
Les nomme-t-on par thème ou par date : les avis sont partagés. A chacun de voir à sa convenance.

 

a - par thème. Si, 15 ans après, on désire revoir notre voyage à Istanbul, et que nous avons nommé nos photos "Istanbul 2000 (1)" à "Istanbul 2000 (560)" ou encore "Istanbul 2000-06 (1)" à "Istanbul 2000-06 (560)" (par exemple), quoi de plus simple de les retrouver ?

b - d'autres préféreront les classer par date : dans ce cas il vaudra mieux les nommer à "l'américaine" : AAAA-MM-nom, par exemple "2000-06-istanbul (25)" pour la 25ème photo de notre excursion en juin 2000 à Istanbul.

2 – hiérarchiser : une fois nos photos renommées, il faut les classer. Là aussi, pas de méthode idéale et unique. Un seul conseil, commencer par créer un dossier "Photos".

a – par usage :

- fichiers originels (RAW, TIFF ou JPG tels qu'ils sortent de l'APN);

- retouchées : une fois travaillées (recadrées, contrastées, …);

- destination : pour le Web, pour création d'un diaporama, …;

b – par thèmes : Copains, Départements, Evènements, Famille, Voyages, …

c – par chronologie : un dossier par année.

d – une autre méthode, plus technique, consiste à incorporer des mots-clés dans l’IPTC de la photo à l’aide de logiciels, tels que l’explorateur de Windows Vista, Adobe Lightroom ou autres. Un ouvrage explique très bien ce sujet : « L’archivage photo, Organisez votre photothèque numérique » de Bernard Jolivalt, Edition Pearson (17,00 €).

Il est évident que, quel que soit le mode de classement, on peut, et il est même conseillé de créer des sous-dossiers et des sous-dossiers de ces sous-dossiers, etc., mais sans aller au delà de trois niveaux, car cela deviendrait inexploitable.

3 – sauvegarder : quel support utiliser ? Là aussi, pas de réponse fiable à 100%.

Un disque dur (interne ou externe) : il peut "planter". Certains en ont eu la mauvaise expérience (le rédacteur de cet article en particulier !!!).

Un CD ou un DVD : à l'heure actuelle, chacun s'accorde à dire qu'ils ne sont pas éternels. Les DVD R ou RW, de même que les CD-RW, sont fortement déconseillés. La longévité peut varier selon la marque, le substrat, la vitesse de gravure et les conditions d'utilisation :

substrat bleuté : 5 à 7 ans

substrat argenté : 6 à 8 ans

substrat doré : 8 à 10 ans

(source : http://www.pcastuces.com/pratique/windows/fiches/duree_vie_cd_dvd.htm)

Autre possibilité : faire appel à un hébergeur. Certains sont gratuits, mais limités (50 à 150 Mo, c'est à dire 50 à 80 photos ), à moins de créer plusieurs adresses mail; d'autres, payants … De toutes façons, il faudra compter sur la durée de transmission internet vers le site.

L'avantage : où que vous soyez dans le monde (au fin fond de la Patagonie ou de la Mongolie orientale), si vous avez une connexion internet, vous pourrez montrer vos chefs-d'oeuvre à vos interlocuteurs qui seront subjugués.

La solution ? Deux, voire trois précautions valent mieux qu'une. Sauvegarder ses documents importants sur plusieurs supports : Disque dur interne + externe + CD + ...

 

De toutes façons :

1 - Eviter les caractères accentués pour toute création de nom de dossiers ou de fichiers.

2 - TOUJOURS travailler sur des copies : si, pour une raison ou une autre, on fait une mauvaise manipulation (ça arrive à tout le monde, y compris les plus expérimentés) il sera possible de revenir en arrière.

 

À quoi reconnaît-on une bonne photo ?

 

Pourquoi une ou deux photos sautent aux yeux dans un paquet de 20, 30 ou même 100 photos ? La réponse, malgré ce que pourraient penser les photographes en herbe, ne constitue pas un secret qui serait l'apanage des professionnels de la photo.

Il n'existe pas non plus un élément unique qui fait qu'une photo est « bonne ». On peut en revanche dresser une liste de critères bien connus, généralement utilisés dans l'évaluation des images.

Ceci étant dit, je me permets d'ajouter que les listes d'évaluation peuvent varier d'une personne à l'autre, et que, comme pour tous les autres critères de valeur, il existe toujours des exceptions à la règle. La frontière entre les différents critères est par ailleurs bien souvent imprécise. La photographie est, rappelons-le, assez subjective.

Malgré ces réserves, l'identification des critères d'appréciation généralement acceptés pourra vous guider dans l'amélioration de vos photos au quotidien, ainsi que dans l'évaluation des images finales.

Voici la liste d'évaluation que j'utilise lorsque je passe mes photos en revue et que je compare les images candidates à la « MSN Photo of the Week » (Photo de la semaine seulement disponible sur le site US). J'ai par ailleurs inclus, pour chaque point de contrôle principal, des questions type que vous pourrez utiliser ou adapter en fonction de vos photos personnelles.

1. Le thème central est-il clairement défini ? Sur une photo « parlante », l'identification du sujet est immédiate. Cette constatation peut sembler évidente, et pourtant, sur un nombre surprenant de photos, le sujet principal n'est pas clairement identifiable. Le plus souvent, un montage complexe d'éléments entrent en conflit pour attirer l'attention du spectateur.

Sur une photo digne de ce nom, le sujet doit dominer l'image et déterminer la première impression du spectateur. Si le sujet est fort, les yeux du spectateur reviennent inévitablement à lui, même après s'être égarés dans d'autres parties de l'image.

Le coucher de soleil, sujet de photo éternel et indémodable, est la parfaite illustration de ce point. Les couleurs et formations nuageuses d'un coucher de soleil ayant beau être grandioses, elles suffisent rarement à donner lieu à une photo inoubliable. Après un premier coup d'oeil rapide, appréciateur dans le meilleur des cas, la plupart des photos de ce type sont aussi vite oubliées et rangées dans la catégorie des « jolies choses ».

En revanche, lorsque le photographe ajoute un élément qui place le coucher de soleil dans un contexte et lui confère un intérêt particulier, l'impact de la photo est tel qu'il retient immédiatement l'attention. Sur cette photo de coucher de soleil, l'effet spectaculaire produit par les couleurs de la nuit tombante est mis en valeur par l'activité des promeneurs qui profitent des derniers instants du jour.

Pour déterminer si l'intérêt dégagé par vos photos personnelles est suffisamment fort, essayez de répondre aux questions qui suivent. Vous pouvez aussi montrer les photos concernées à un ami et lui demander de répondre à ces questions le plus honnêtement possible.

  • Lorsque vous regardez la photo, que voyez-vous en premier ? Si vous évaluez une photo personnelle, est-ce que ce vous voyez au premier coup d'oeil correspond au message que vous vouliez faire passer dans votre photo ?
  • Qu'est-ce qui retient le plus longtemps votre attention ?
  • Certains autres éléments de l'image retiennent-ils autant l'attention que le sujet ?
  • Certains aspects techniques de l'image, tels que lumière et direction de la lumière, profondeur de champ, mise au point, etc., jouent-ils en faveur ou en défaveur du sujet ?

2. L'image est-elle bien composée ? Une photo efficace doit dégager une impression d'organisation d'ensemble. Les techniques de composition font l'objet d'une littérature abondante, mais on peut dire, pour simplifier, que la composition est l'opération d'ordonnancement des éléments d'une image.

Remarque Les règles ou directives de composition constituent un excellent point de départ, mais n'ont de valeur que dans la mesure où elles contribuent à l'amélioration générale de l'image.

Voici quelques conseils qui pourront vous aider dans vos compositions.

  • Remplissez le cadre Le fait de remplir le cadre permet de définir le thème central tout en faisant disparaître les détails parasites à l'arrière-plan. Vous pouvez remplir le cadre en vous rapprochant du sujet ou en augmentant la longueur focale (autrement dit, en effectuant un zoom avant).
  • Organisez les éléments Dans une composition, l'organisation des éléments obéit généralement à la règle des tiers. Cette règle repose sur le nombre d'or, qui permet de diviser un espace, tel qu'un cadre photographique, en segments de taille équivalente et aux proportions harmonieuses. Prenons un exemple concret : pour appliquer la règle des tiers à une photographie, imaginez qu'un motif quadrillé s'affiche sur le viseur. Placez ensuite le sujet de la photo sur l'un des points d'intersection : vous obtenez au final un résultat harmonieux.
  • Contrôlez l'arrière-plan Pour que l'attention porte sur le sujet de la photo, l'arrière-plan ne doit en aucun cas venir parasiter la composition. Vous pouvez contrôler l'arrière-plan en vous déplaçant ou en déplaçant le sujet de façon à éviter les éléments indésirables en toile de fond et en élargissant l'ouverture de l'objectif (en réduisant l'ouverture du diaphragme) pour estomper l'arrière-plan. Visionnez la scène dans son intégralité et supprimez ou réorganisez autant d'éléments parasites que possible.
  • Misez sur la simplicité Le message délivré par une photo est d'autant plus fort que ses éléments constitutifs sont rares. La simplicité permet aussi d'éviter au spectateur d'être distrait par des détails secondaires.

 

Pour évaluer la composition de vos photos, essayez de vous poser ces questions.

  • Les impressions d'ordre et d'équilibre dégagées par la photo sont-elles suffisantes pour servir de fil conducteur au regard dans la composition ?
  • Certains des éléments de la photo jouent-ils en défaveur du sujet ou de l'image ?
  • Certains éléments auraient-ils pu contribuer à mettre le sujet en valeur s'ils avaient figuré dans la photo ?
  • La profondeur de champ, la longueur focale (réglage de l'objectif ou du zoom), l'éclairage, l'angle de prise de vue et la perspective améliorent-ils la composition ?
  • Le rognage met-il la composition en valeur ?

3. La mise au point est-elle nette et l'exposition appropriée ? Exception faite des photos qui représentent intentionnellement un mouvement ou qui ont été prises avec une mise au point floue (un portrait, par exemple), la netteté est l'un des éléments que l'on remarque en premier sur une photo. Ensuite, c'est l'élément le plus intéressant du sujet qu'il convient de cibler. En d'autres termes, s'il s'agit d'un portrait, la mise au point doit être effectuée sur les yeux de la personne. L'élément le plus net de la photo doit correspondre à ce que le photographe considère être l'aspect le plus important de l'image.

L'exposition (association des valeurs choisies pour la longueur focale [réglage de l'objectif ou du zoom], l'ouverture de l'objectif, la vitesse d'obturation et la sensibilité ISO) doit également valoriser le message véhiculé par la photo. Dans le cas d'une photo représentant un bâtiment en ruines, par exemple, le photographe a-t-il utilisé les commandes d'exposition à bon escient pour souligner l'âge de la bâtisse et éventuellement, la désolation qui règne aux alentours ? Pour donner cette impression, il peut opter pour un réglage modéré de l'objectif grand-angle ou du zoom, utiliser le mode noir et blanc, sélectionner une sensibilité ISO supérieure (ou utiliser une pellicule noir et blanc à sensibilité ISO élevée), réduire l'ouverture de l'objectif (augmenter l'ouverture du diaphragme) et choisir une vitesse d'obturation supérieure (ajustée en fonction de la lumière). La combinaison de ces réglages permettrait d'obtenir des détails nets, un bruit numérique ou un grain visible permettant de renforcer l'idée de vétusté et une profondeur de champ accrue contribuant à accentuer l'impression d'isolement.

Dans le cas d'un portrait, en revanche, des réglages totalement différents s'imposeraient pour l'exposition : une sensibilité ISO peu élevée, une ouverture large de l'objectif (valeur faible pour l'ouverture du diaphragme), et, selon la lumière, une vitesse d'obturation plus lente. Avec ces réglages, le portrait serait exempt ou presque de grain ou de bruit numérique et l'étroitesse de la profondeur de champ permettrait d'estomper l'arrière-plan de façon à mettre le sujet en valeur. Un photographe pourrait bien évidemment opter pour les réglages inverses pour obtenir un résultat complètement différent. Toute la question est donc de savoir si l'exposition a été définie dans l'optique d'une valorisation de l'aspect de l'image ou pas.

Voici les quelques questions que vous pouvez vous poser pour déterminer si la mise au point et l'exposition adoptées conviennent à une photo :

  • Le point le plus net de l'image correspond-il à l'aspect le plus intéressant du sujet de la photo ?
  • La profondeur de champ met-elle en valeur le sujet, l'atmosphère ou l'apparence de l'image ou les parasite-t-elle ?
  • La longueur focale ou le facteur de zoom choisis valorisent-ils le sujet et le message ?
  • Le contraste général convient-il au type d'image que le photographe avait à l'esprit ?
  • Les couleurs sont-elles naturelles et/ou contribuent-elles à définir l'atmosphère de la photo ?
  • S'il s'agit d'une photo couleur, dégagerait-elle une plus grande force en noir et blanc ou vice versa ?

4. La photo raconte-t-elle une histoire ? Bien souvent, c'est parce qu'une photo vous « parle » que vous ne l'oubliez pas aussi vite que les autres. En tant que spectatrice, je veux que la photo me raconte une histoire, et ce point joue un rôle capital lorsque j'évalue les photos prises par d'autres. C'est aussi l'élément que je tente systématiquement d'inclure à mes photos.

Sur les photos efficaces, l'histoire est révélée au premier coup d'oeil et se suffit à elle seule. Sur les meilleures d'entre elles, l'histoire suscite une émotion chez le spectateur. Je suis intimement persuadée que c'est cette réponse émotionnelle qui rend une photo mémorable.

Essayez de vous poser ces questions pour déterminer si la photo que vous évaluez raconte une histoire.

  • La photo délivre-t-elle au moins un message que vous êtes en mesure de formuler ?
  • La photo suscite-t-elle une émotion ? Autrement dit, pouvez-vous vous positionner par rapport au sujet ou à la situation ?
  • Quelles modifications pouvez-vous apporter à la photo pour que l'histoire ou le message qu'elle véhicule soit plus fort ?

5. L'éclairage valorise-t-il le sujet et le message ? À l'instar de la composition, les techniques d'éclairage donnent lieu à une abondante littérature. Pour les prises de vue comme pour l'évaluation des photos, la lumière doit être exploitée au maximum de son potentiel pour révéler les éléments importants de l'image et définir le ton d'ensemble de la photo.

Lorsqu'il est bien maîtrisé, l'éclairage permet de faire porter l'attention sur des parties spécifiques du sujet tout en soulignant aussi les éléments secondaires, de servir de fil conducteur au regard dans la composition et de déterminer l'atmosphère et le ton d'ensemble de la photo en jouant sur les différentes températures (couleurs) de la lumière.

La lumière est un autre « outil de conception » qui permet de valoriser l'atmosphère générale et le propos de l'image et du sujet. Dans le cas d'un portrait d'homme, par exemple, un éclairage blanc, puissant, latéral et sans filtre peut s'avérer idéal pour renforcer sa physionomie rude et carrée. Inversement, une lumière diffuse et douce aux tons chauds conviendra mieux pour le portrait d'une femme, car elle traduira plus fidèlement la délicatesse de ses traits. Enfin, rares sont ceux qui résistent à la tentation d'exploiter les superbes couleurs de la lumière, au lever et au coucher du soleil.

Lors de l'évaluation des mérites d'une photo en termes de lumière, posez-vous les questions suivantes :

  • L'intensité et la couleur de la lumière conviennent-elles au sujet ?
  • La lumière est-elle trop vive, trop contrastée, ou trop diffuse et sans relief ?
  • Les principaux aspects du sujet sont-ils bien éclairés ou l'éclairage aurait-il pu être amélioré par l'utilisation d'un flash, d'un flash d'appoint, d'un réflecteur ou d'une lumière auxiliaire ?
  • L'éclairage permet-il de véhiculer le message général de la photo ?
  • Sur une photo couleur, la couleur est-elle équilibrée ou corrigée en fonction de la température de la lumière (autrement dit, la couleur d'ensemble paraît-elle naturelle) ? Dans le cas contraire, la dominante de couleur apporte-elle un plus à la photo ?

6. L'approche est-elle créative ? De mon point de vue, une image est « créative » lorsqu'elle va au-delà des techniques et traitements habituels. Les photos les plus originales montrent le sujet vu par les yeux et dans la perspective du photographe. En d'autres termes, le sujet est placé dans une situation extraordinaire, qui aurait sans cela échappé au spectateur.

La créativité peut se manifester tant au niveau du sujet que de la technique : matérialiser des idées abstraites sous forme visuelle, représenter une idée concrète de façon abstraite, lier ou associer des concepts sans aucun rapport au sein d'un même espace visuel, ou, en résumé, regarder un sujet d'un oil neuf en adoptant la vision et le cheminement intellectuel du photographe.

Lors de l'évaluation de la créativité d'une photo, posez-vous les questions suivantes :

  • La photo révèle-t-elle des faits nouveaux sur le sujet ou le met-elle en scène de façon inattendue ?
  • La photo associe-t-elle des éléments visuels de façon inhabituelle et énigmatique ?
  • La photo est-elle intéressante et fraîche, ou trop étrange pour être décrite par des mots ?

Selon le jour et en fonction de la photo, il m'arrive d'ajouter quelques critères complémentaires à ma liste d'évaluation, mais je ne retire jamais l'un de ces six points de base. Dans des conditions réelles, je sais pertinemment que si 10 personnes regardent la même photo, cinq d'entre elles environ la jugeront bonne et les cinq autres mauvaise. La photographie est, ne l'oublions pas, aussi subjective que les goûts et les couleurs.

Mais, quoi qu'on en dise, il est bien utile de pouvoir évaluer un travail en se fondant sur quelques critères de base. Vous pensez avoir réalisé votre meilleure photo ? Félicitez-vous et resoumettez-la au test des six critères dans un ou deux mois. Si elle le repasse toujours haut la main, encadrez-la et accrochez-la à votre mur, puis courez en prendre une meilleure encore !

 

Jeff / Virus photo

http://www.virusphoto.com/15560-analyser-et-critiquer-une-photo-fiche-aide-memoire.html

 

 

1. Analyse approfondie de l'image :

L'objectif est ici d'essayer de comprendre la photo, avant tout jugement critique.
On s'efforce d'entrer dans l'univers du photographe, sans aucun jugement, simplement pour comprendre son image.

On prend la position d'un "détective", qui tente de réunir un maximum d'informations, tout en évitant à tout prix d'émettre une opinion à ce stade de "l'enquête".

- Que représente la photo : sujet, éventuellement sujets secondaire... On peut se poser les questions : "Quoi", "Qui", "Quand", "Où".

On va maintenant analyser l'image en profondeur, en utilisant par exemple les points suivants :

- Lignes : analyser le cadrage, la géométrie, le placement des différents sujets par rapport aux lignes visibles ou invisibles de l'image.

- Formes : analyser non seulement les formes des sujets, mais aussi les zones de couleur et de luminosité, les zones de netteté ou de flou (profondeur de champ), leur répartition sur l'image et leur harmonie.

- Textures et ombres : analyser l'utilisation des textures, si c'est le cas. Cette analyse est indissociable de celle des ombres, et du positionnement et de la nature de la lumière utilisée, qui vient mettre en valeur ou au contraire atténuer les textures.

- Contrastes et luminosité : analyser les basses et hautes lumières. L'image est dite "cramée" lorsque les hautes lumières sont tout à fait blanches. On parle d'ombres "bouchées" lorsque les basses lumières sont tout à fait noires. Ce type de contraste extrême peut être un choix créatif, ou une erreur involontaire.
Mais l'analyse du contraste et de la luminosité ne s'arrête pas à cela : on analysera aussi la manière dont sont utilisées les différences de luminosité : sont-elles atténuées (luminosité uniforme), ou au contraire prononcées ?

- Couleurs : analyser les couleurs principales, et leur harmonie. Penser aux couleurs complémentaires (qui feront bientôt l'objet d'un article), à la saturation des couleurs, à la balance des blancs...

- Autres points d'analyse :

- Equilibre de l'image (à rapprocher de l'analyse des formes)
- Proportions
- Rythme et mouvement
- Méthodes de mise en valeur du sujet principal


2. Interprétation

Après l'analyse objective de l'image, passons au subjectif.

La question principale est la suivante : "De quelle manière cette photo me parle ?", ou encore : "Qu'est-ce que le photographe a voulu dire ?", "Quel message veut-il faire passer ?"

On n'hésitera pas à se mettre dans la peau de l'auteur, pour tenter de comprendre la symbolique de l'image. L'interprétation peut bien entendu varier du tout au tout entre deux "spectateurs", elle est purement personnelle et dépend du regard et du vécu de chacun.


3. Jugement personnel

Il s'agit maintenant, après avoir compris objectivement et subjectivement l'image (son contenu, et ce qu'elle veut dire), d'y apporter son jugement personnel.

La question à se poser est la suivante : "Cette photo est-elle réussie, et pourquoi ?"

Si on a bien analysé l'image, on est capable d'aller bien plus loin qu'un simple "j'aime/j'aime pas".

L'objectif de l'analyse est justement de comprendre l'articulation de la photo, pour savoir avec précision, arrivé à l'étape du jugement personnel, pourquoi on apprécie ou non l'image.

On a déjà détaillé le processus de la critique photo. Pour le résumer, on peut penser à exprimer un jugement sur :
- Les choix techniques : sont-ils pertinents, et pourquoi ?
- Les choix créatifs : reprendre les points de l'analyse.
- L'expression de la symbolique : le message que le photographe voulait faire passer est-il compris ?

Enfin, le jugement peut se conclure sur une démarche qui me semble particulièrement importante, autant pour progresser soi-même que pour aider un photographe en critiquant ses images :

- Qu'aurais-je fait à sa place ?


Conclusion : récapitulatif

Pour conclure, voici un récapitulatif pratique des points abordés ci-dessus :

- Analyse :
- Que voit-on sur la photo ?
- Analyser : lignes, formes, textures et ombres, contrastes et luminosité, couleurs, équilibre de l'image, proportions, rythme et mouvement, mise en valeur du sujet principal...

- Interprétation :
- Quel est le message que le photographe tente de faire passer ?
- Quelle symbolique se dégage de l'image ?
- Quel est mon sentiment à la vue de l'image ?

- Jugement personnel :
- Cette photo est-elle réussie ? Pourquoi ?
- Penser aux : choix techniques, choix créatifs, expression de la symbolique. Sont-ils pertinents et pourquoi ?
- Qu'aurais-je fait à la place du photographe ?

 


 

Critères pour juger une photo de compétition


Quand on juge les contributions pour des concours, il y a certes des critères que les juges regardent en choisissant les images qui ont le plus d'impact. Avoir cette information derrière la tête avant même de prendre la photo peut aboutir en des images plus professionnelles.

Voici ce que j'ai trouvé qui pourrait déterminer une photo gagnante lors d'un concours:

1- Permier impact - comme l'image est souvent vue pour la première fois en "thumbnails" (très petites photos), ça devient la première séduction. C'est l'impact de cette petite photo qui incite à vouloir regarder davantage.

2 - Puissance/force - a-t-on le sentiment d'une oeuvre d'art solide qui pourrait être exposée dans une galerie?

3 - Les sens - les sens de l'observateur sont-ils interpellés? Y a-t-il une réaction émotionnelle?

4 - La simplicité - y a-t-il un point de focalisation qui est évident pour l'observateur qui est attiré par le sujet? Des images contenant trop de distractions sont immédiatement éliminées.

5 - L'histoire - est-ce que l'imagination est provoquée; est-ce qu'on veut en savoir plus?

6 - L'objectif - est-ce que l'image est en relation ou pertinente avec l'objectif du concours?

7 - Côté technique - pas de hautes lumières cramées (surex) ou de basses lumières trop sombres, le piqué (sharpness) est où ça doit être, l'heure de la journée rajoute ou diminue à l'impact de l'image, le sujet se détache de l'arrière-plan, les détails importants sont nets.

8 - Rognage (cropping) - est-ce que celui qui est présenté est le meilleur? Plusieurs personnes ne rognent pas leur image. Utilisez deux feuilles blanches de chaque côté de l'image, horizontalement ou verticalement pour voir comment le rognage peut donner plus d'impact à l'image.

9 - Couleur/noir et blanc - faites un test avec les deux. Est-ce que le choix couleur rajoute de la valeur à l'image?

10 - Les marques - est-ce que les points, lignes, cheveux rebelles, poteaux, saletés, objets d'arrière-plan - même des gens non voulus - sont enlevés pour éviter la distraction du sujet principal? Gardez les images propres et simples! Utilisez Photoshop pour enlever ces éléments qui ne sont pas utiles pour l'impact de l'image.

Extrait traduit d'un article de "Double Exposure".

NOTE: Un juge m'a déjà mentionné une technique pour déterminer l'élément principal d'une image. On la tourne à l'envers pour voir ce qui ressort le plus de l'image. Si l'élément qui ressort ne fait pas partie du sujet principal ou le domine trop quand ce n'est pas voulu, ça peut faire perdre des points.

__________________
"La créativité est se donner la permission de faire des erreurs. L'art est de savoir lesquelles conserver."
~Scott Adams~

 

Pol F. Gillard (Belgium)
http://www.geosolve.be

Février 2009

 

La critique photo


J’ai de nombreuses fois été questionné sur ma manière de voir une critique saine et constructive d’une image photographique.
Sur de nombreux forum la critique est hélas très basique et apporte souvent des commentaires soit exagérément positifs (parce que c’est le photographe que l’on juge et non la photo que l’on a sous les yeux), elle est alors qualifiée de critique de complaisance, soit inutilement caustique, n’apportant dans ce cas qu’un esprit de rancoeur mal placé et stérile.
Mais sur quoi se base-t-on pour formuler un avis ou une critique sur une photographie, bref, qu’est-ce qu’une réelle critique ?
Ce qu’elle n’est pas, est certainement celle qui se résume à débiter des avis du genre c’est bien, ou j’aime bien, ou encore c’est une belle image !
Ce qu’elle devrait être, c’est l’expression de la perception d’une photographie soumise à un public.
Pour faire une synthèse, voyons successivement les éléments à prendre en compte pour se forger une opinion, et en finale émettre un jugement sur une photographie, tous les éléments ne sont pas indispensables mais ils contribuent à déterminer un avis clair et motivé :
1. Le sujet :
Original, banal, classique, un scoop, …
2. La composition :
Équilibrée, vide, trop complexe, graphisme, …
3. La lumière :
Dure/contrastée, douce/fade, bien/mal répartie, …
4. Les couleurs (ou les gris si n&bl) :
Dominante, luminosité, équilibre, douceur, …

5. Le cadrage, la mise en page :
Trop de ciel, bras coupé, plutôt en carré [car…], profondeur de champs, …
6. L’atmosphère :
Image à caractère fort, regard très présent, tragique, absence de message notamment dans les yeux et/ou l’attitude, inertie et passivité, …
7. L’émotion et/ou le message :
Tendresse, message sous-entendu, bonheur, poids d’une vie de labeur, joie à l’issue d’une victoire, …
8. Le titre (si utilisé) :
En adéquation avec le sujet, renforce ou affaiblit le sujet, …
9. Le support :
Papier brillant ou mat, sur autre matière, sur écran pc, sur écran projeté, avantageusement monté sous passe-partout ou non, avec ou sans cadre et adéquation de celui-ci non seulement avec le sujet mais aussi avec la manière dont il est traité, …


On le voit donc clairement, de nombreux paramètres interviennent pour émettre une critique.
Rappelez-vous que le but d’une critique n’est pas de faire plaisir à quelqu’un, mais plutôt de lui communiquer ce que l’on éprouve en regardant son image, sa photo, sa série thématique.
C’est cela qui est attendu, mais pas de la complaisance qui ne fait finalement avancer personne…
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